Biographie
Passionné de haute montagne depuis mon plus jeune âge, j’y ai passé toutes mes vacances d’été en famille, dans les massifs du Queyras et des Écrins. M’en étant éloigné quelques années, j’ai redécouvert cet univers après mes études grâce à deux expériences qui m’ont donné à nouveau le goût de la randonnée.
La première a été un trek de cinq jours dans le Mercantour, avec un ami originaire de Digne. À cette occasion, j’ai réalisé que les Alpes françaises ne se limitaient pas aux massifs que je connaissais : il s’agissait d’un terrain de jeu bien plus vaste que je ne l’imaginais. J’ai aussi compris que des massifs plus proches de chez moi, comme le Mercantour, pouvaient s’avérer tout aussi riches, notamment pour qui recherche de grands espaces naturels et des itinéraires plus sauvages.
La seconde expérience a été l’ascension en famille du Mont Chaberton, sommet emblématique du Briançonnais. Au-delà de son lourd passé historique, cette journée m’a offert une vue imprenable sur une grande partie des principaux massifs français : du Mont-Blanc au Mercantour, en passant par la Vanoise, les Écrins… et bien d’autres. Face à cette “orgie” de sommets, je me suis rendu compte que j’étais incapable de citer plus de trois sommets dans la plupart de ces massifs, et que beaucoup ne m’évoquaient aucun souvenir précis — hormis les Écrins et le Queyras (et encore : j’ai vite compris que même dans ces massifs que je pensais bien connaître, une grande partie — voire la majorité — m’était inconnue, tant j’avais tendance à refaire chaque année les mêmes itinéraires).
C’est ainsi que, progressivement, j’ai décidé, il y a trois ans, d’entreprendre une cartographie volontairement “grossière” d’un maximum de massifs, dans un premier temps au sein des Alpes françaises. Un aperçu de l’avancement de ce projet est disponible à l’adresse suivante : https://www.randoscope.fr/scope.php
Le but de ce projet n’est pas de “faire de la statistique” pour le côté sportif — comme on le voit souvent aujourd’hui — mais de découvrir un maximum de bijoux naturels, parfois invisibles au premier regard, et qui nécessitent souvent de sortir des sentiers battus. Je suis particulièrement friand d’itinéraires engagés en termes de distance et de dénivelé : c’est, pour moi, la meilleure manière de ressentir la montagne et de profiter au maximum des paysages, malgré le peu de temps libre dont je dispose lors de mes week-ends. Il m’a fallu des années pour prendre pleinement conscience de la diversité et de la richesse de cette région : combien de fois ai-je traversé des endroits pleins de potentiel sans rien en percevoir depuis l’autoroute ?
Au-delà de l’envie de découvrir de nouveaux horizons, le fait de partir souvent seul m’a aussi beaucoup appris, autant sur le plan technique que sur le ressenti… et sur moi-même. J’ai compris que la montagne est une histoire de respect — de la nature, de la biosphère — mais aussi d’humilité, combinée à une certaine connaissance de soi et à la capacité de sortir de ses limites. C’est un milieu où l’évaluation et l’adaptation sont primordiales, et où il faut parfois savoir renoncer et rebrousser chemin lorsque les conditions l’imposent.
C’est aussi une école permanente : apprendre à connaître ses limites physiques, à gérer une situation imprévue sur un itinéraire, à comprendre l’histoire et les enjeux des vallées traversées, ou encore à identifier les sommets emblématiques de chaque massif. Ce projet est enfin une expérience profondément humaine, qui me permet une forme d’introspection — une démarche qui tend à se perdre dans un monde saturé de sollicitations externes.
Il m’a également permis d’associer des souvenirs et des anecdotes à chaque sortie : aussi bien les meilleurs moments, comme la découverte d’une face nord imposante et insoupçonnée au détour d’un vallon glaciaire, que les pires galères (qui, d’ailleurs, deviennent souvent les meilleurs souvenirs sur le long terme) — des sentiers emportés par des coulées après une journée de 40 km, ou des bivouacs en altitude, avec un vent glacial au point de menacer d’arracher la tente d’un instant à l’autre.